Suite à une restructuration de l’abattoir de poulets en région Athoise avec lequel nous collaborions pour le sacrifice rituel des poulets sans étourdissements, il ne nous sera désormais plus possible de réaliser le sacrifice rituel sans étourdissement préalable.

Malgré tous nos efforts, nous n’avons pas trouvé à ce jour d’abattoirs agréés en Belgique nous permettant de réaliser le sacrifice rituel des poulets BIO sans étourdissements. Tous les abattoirs contactés nous proposent soit l’étourdissement par électronarcose soit l’étourdissement par atmosphère contrôlé ( voir infra). L’utilisation des méthodes d’étourdissement-mise à mort par atmosphère contrôlée en utilisant des gaz inertes sont recommandées sur toute autre méthode dès lors que cela est possible. L’utilisation de systèmes d’électronarcose par bain d’eau pour les poulets devrait être progressivement éliminée.

Dans ce contexte, Green Halal a décidé par précaution et par respect pour le bien-être animal de ne plus proposer de poulets pour le moment puisque l’électronarcose par bains ne nous permet pas de vous garantir que l’animal soit sacrifié dans les conditions prescrites par le rituel musulman tout en offrant les meilleures conditions en terme de bien-être animal.

La seule alternative possible, et dans l’attente du verdict de la Cour de Justice de l’Union Européenne, reste le sacrifice rituel au sein d’abattoirs sur le territoire français où à ce jour deux abattoirs pratiquent les sacrifices rituels des poulets sans électronarcose par bains d’eau.

Pour rappel, au vu des nouvelles législations prises par les différents régions, l’étourdissement sera obligatoire avant la saignée en Flandre dès Janvier 2019 et en Wallonie dès Juin 2019. La région bruxelloise ne s’étant pas encore prononcée.Un recours en Cour de Justice de l’Union Européenne a été introduit contre ses législations par des citoyens et associations de confessions musulmanes, et nous sommes en attente de son verdict.

Plus d'information sur l'électronarcose par bains d'eau

L’électronarcose par bains d’eau

c’est une méthode à la base dite « étourdissement – mise à mort». L’électronarcose par bain d’eau est la principale méthode d’étourdissement des volailles. De nombreuses questions se posent toutefois sur la pertinence de cette méthode en termes de bien-être animal, et en 2012, l’Autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA) a recommandé de cesser son usage.

Par cette méthode, les volailles sont accrochées par les pattes, tête en bas, sur des crochets métalliques suspendus à un rail puis leur tête est immergée dans un bain d’eau électrifié. Le courant électrique traverse tout l’organisme jusqu’aux crochets métalliques. Toutefois des préoccupations majeures en termes de bien-être animal ont été soulevées concernant ces pratiques :

  • Une des principales inquiétudes porte sur les paramètres électriques utilisés. En effet pour satisfaire au critère de la réversibilité imposé pour le sacrifice rituel, les paramètres sont adaptés de façon à ce que la fréquence utilisée soit la plus forte que possible et ce afin de réduire la probabilité d’arrêts cardiaques. De cette manière, l’efficacité de l’étourdissement n’est pas garanti, ce qui veut dire que les poulets peuvent être conscients lors de la saignée. Ils risquent d’être juste électro-immobilisés (l’animal est paralysé, mais toujours conscient). Et celle-ci ne garantit pas à 100% le risque 0 d’arrêts cardiaques.
  • Des inquiétudes subsistent également quant à la constance des paramètres électriques reçus par chacun des oiseaux, en raison du grand nombre d’oiseaux plongés dans les bains électrifiés de manière simultanée et du fait que la résistance aux courants électriques varie d’une volaille à l’autre.
  • L’entrave des membres et la position inversée nécessaires à l’électronarcose par bain d’eau, ainsi que l’accrochage des volailles par les opérateurs causent des douleurs et un stress important chez les oiseaux, constituant un inconvénient majeur supplémentaire inhérent à cette méthode.

Il est difficile de fournir des recommandations générales sur un paramétrage électrique optimal
dans le cadre de l’électronarcose par bain d’eau, étant donné qu’il dépend largement de la
conception de chaque système utilisé, de l’oiseau abattu, etc. Il n’est pas non plus possible
d’indiquer un courant minimal efficace pour toutes les formes d’ondes électriques et de fréquences
utilisées dans les systèmes d’abattage commerciaux. Pour cette raison, la Réglementation
européenne sur l’abattage suggère l’usage de courants minimum dans une plage de fréquences
électriques pour l’abattage des volailles, avec pour conséquence, un niveau de bien-être animal
qui ne peut être garanti.

Plus d'information sur l’étourdissement par atmosphère contrôlé (mélange gazeux).

C’est aussi une méthode dite « étourdissement – mise à mort». Ce système exclus tout risque de reprise de conscience de l’animal au cours de la saignée puisqu’au final l’animal est déjà mort. Dans le cadre des abattoirs à cadence rapides, dits « industriels », on comprendra aisément son avantage puisqu’il offre la possibilité de garder les volailles dans leurs caisses de transport tout au long du processus, évitant ainsi le recours à une manipulation supplémentaire des oiseaux vivants.

Référence : https://www.agrociwf.fr/media/7428703/recommandations-abattage-volailles_mai-2016.pdf

Selon nous, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour qu’un abattage (et qui plus est rituel) soit éthique. Sur base de plusieurs études réalisées par Temple Grandin (spécialiste dans le bien-être des animaux de ferme destinés à être amenés aux abattoirs), l’abattage rituel pourrait être réalisé de manière efficace et respectueuse de l’animal, pour autant que :

1. Les sacrificateurs soient compétents

Selon nous, être sacrificateur pour le rituel Halal c’est un métier à part entière qui requiert :

  • – d’une part, une formation appropriée englobant différentes matières : anatomie animale ; bien- être animal et éthique islamique,
  • – et d’autre part, d’une infrastructure adéquate pour la prise en charge de l’animal et du matériel adéquat : un couteau à lame droite et non incurvée (encore jamais vu pour les sacrifices rituels Halal), dont la longueur doit être égale à au moins deux fois la largeur du cou de la bête (ce qui n’est souvent pas le cas), bien aiguisé afin de réaliser une coupe profonde et unique sans que les bords de la lame de couteau ne touche le cou de l’animal.

Le travail avec un animal requiert donc non seulement un savoir-faire technique selon le type d’animal à sacrifier, mais aussi des compétences en matière d’organisation, d’observation,d’analyse et de décision.

2. Les infrastructures des abattoirs soient adéquates

 

 

Nous avons constaté que souvent pour l’abattage rituel Halal des bovins, un box à contention rotatif (1) est encore utilisé à ce jour par facilité pour les sacrificateurs au détriment du bien-être animal.

 

 

Le box d’abattage devrait être de type ASPCA Pen (2)amélioré.

 

(1) Or, ce type de box a été déconseillé par des organisations telles que la FVE (Federation of Veterinarians of Europe) et le FMI-NCCR (Food Marketing Institute-National Council of Chain Restaurant) américain et est interdit d’utilisation au Danemark. En effet, lorsque la bête y est introduite, elle peut ressentir de la douleur du fait que les parois du box exercent une pression trop importante sur son corps (il faudrait pouvoir ajuster les paramètres de contention afin de les adapter à la physionomie de la bête), cela se traduit généralement par des vocalises. Aussi, elle est ensuite retournée sur le dos, position non physiologique de l’animal, qui entraîne une tendance à vouloir redresser la tête, une compression thoracique et des difficultés respiratoires.

(2) qui est constitué d'une stalle étroite avec une ouverture à l'avant pour la tête de l'animal et d’un éclairage suffisant pour encourager l’animal à avancer par lui-même. Après que l'animal soit entré dans le box, il est doucement poussé vers l'avant grâce au coude du poussoir. La porte de poussée arrière doit être équipée d'un régulateur de pression séparé ou de vannes spéciales avec clapets anti-retour afin de permettre à l'opérateur de contrôler la quantité de pression exercée sur l'animal. Vient alors se mettre la plaque ventrale mobile en-dessous de l’abdomen afin de soutenir l'animal pendant la saignée et permettre ainsi d’éviter de hisser directement les bovins après l’égorgement sans qu’il ne se soit complètement vidé de son sang. La plaque ventrale mobile doit être disposée à une hauteur maximale de 71 cm de sorte à ce qu’elle ne soulève pas l’animal. La tête est ensuite soulevée et tendue par la mentonnière mobile. Pour empêcher une flexion excessive du cou, le front du bovin doit être parallèle au sol. Cela positionne la gorge correctement pour l'abattage rituel et étire la peau du cou en minimisant l'inconfort. Il y a une parfaite étanchéité de la peau du cou. Si elle est trop lâche, la coupe est plus difficile. Si elle est trop serrée, l'incision aurait tendance à se déchirer avant d'être coupée par le couteau, ce qui serait susceptible de causer de la douleur. Une barrière solide doit être installée autour de la tête de l'animal pour l'empêcher de voir les gens et autres distractions dans son champ de vision. L'opérateur doit éviter toute secousse soudaine dû aux commandes des contrôles. De nombreux animaux se tiendront tranquilles si le box est lentement fermé autour d'eux, et que moins de pression soit exercée pour les maintenir. Le but étant de minimiser le temps à moins de 10 secondes entre le moment où l’animal entre dans
le box d’abattage et l’abattage lui-même.

3. Accordé une attention particulière aux infrastructures suivantes :

De manière générale, chaque abattoir réalisant l’abattage de bovins ou d’ovins devrait apporter une attention particulière aux infrastructures suivantes :

  •  Le couloir menant au box d’abattage doit être configuré de manière à ce que la bête ne puisse rien voir de ce qui se passe à l’extérieur du couloir c.à.d. que la hauteur des rampes doit être supérieure à la hauteur de ses yeux. Aucune distraction ne doit être perçue : telle que des ombres, des flaques d’eau, des reflets de lumière sur le sol, et des gens visibles à venir, tout cela peut gâcher la performance d’un système bien conçu.
  • Le parterre du couloir ne doit pas être glissant et ne doit pas permettre de contraste visuel (tel que tâche de sang, flaque d’eau, morceaux de papier par terre etc…)
  • L’équipement de l’abattoir doit être conçu pour minimiser un maximum les sources de bruit : les sons aigus de moteur, le sifflement de l’air, le retentissement et clinquement des matériaux de la chaîne d’abattage ainsi que les murmures, paroles et/ou cris humains. Le score des vocalises devraient être inférieur à 5% càd que moins de 5% des bêtes émettront des vocalises durant la chaîne d’abattage.
  • – S’il y a des systèmes de ventilation, ceux-ci ne doivent pas renvoyer les odeurs dans le visage des animaux.
  • – Il doit y avoir un éclairage suffisant dans le box d’abattage, car les animaux ont peur du noir ce qui les freine à avancer de manière autonome.
  • – Si l’animal qui précède celui qui doit se faire abattre a eu un comportement agité et stressé, l’animal ressentira le stress de par l’odeur laissée par la salive, et le sang de son congénère. Il est alors conseillé de laver entièrement le box d’abattage avant de l’y faire entrer, faute de quoi il peut refuser d’entrer dans le box pendant plusieurs heures.